2025 pourrait bien être l’année où l’ordre mondial post-Seconde Guerre mondiale bascule. Pendant des décennies, la mondialisation a été régulée par des institutions comme l’OMC ou l’ONU, dominées par l’Occident et les États-Unis. Mais l’émergence de la Chine et sa rivalité croissante avec Washington ont bouleversé ce paradigme.
Cette rivalité s’est traduite par une guerre commerciale mondiale sans précédent. Le 2 avril, la Maison Blanche a imposé des droits de douane massifs : 34 % sur les importations chinoises, 20 % sur celles de l’UE, 24 % sur le Japon, et un minimum de 10 % pour le reste du monde. Un coup de tonnerre sur les marchés financiers, atténué ensuite par des revirements de Trump, influencés par la chute des indices et la dépendance américaine aux métaux rares chinois.
Le contrôle stratégique des matières premières et des infrastructures devient un enjeu clé. Les déclarations américaines sur le canal de Panama, le Groenland ou le pétrole vénézuélien illustrent cette course au pouvoir. Résultat : les métaux industriels ont bondi de plus de 30 %, l’argent de 150 % et l’or de 65 %, tandis que le dollar chutait de près de 10 % face aux principales devises, victime de la défiance et de la pression inflationniste.
Les tensions militaires ont aussi marqué l’année. En Ukraine, la guerre se poursuit malgré les négociations, et les hésitations américaines ont poussé l’Europe à lancer des plans de relance et de réarmement massifs. L’Allemagne a ainsi approuvé un plan de 1000 Mds € pour le réarmement et les infrastructures, pesant sur les obligations mais soutenant les indices actions européens (+18 % pour l’Eurostoxx 50).
Aux États-Unis, les marchés ont tiré profit de la thématique IA : S&P 500 +16 %, Nasdaq +20 %. La course sino-américaine à l’intelligence artificielle illustre une nouvelle forme de rivalité technologique, où les investissements de plusieurs centaines de milliards de dollars visent à sécuriser le leadership des prochaines années.
En 2026, cette rivalité systémique restera au cœur des marchés : source de risques, mais aussi d’opportunités majeures pour les investisseurs avertis.


