Commentaire de marché T1 - 2026

30/04/2026
Thumbnail [16x6]

Le premier trimestre avait démarré avec une forte volatilité liée à la volonté de Donald Trump d’annexer le Groenland. Cette initiative a été fermement rejetée par le Danemark et a suscité une réaction unie des pays européens, qui ont menacé d’imposer des taxes sur les importations américaines et d’activer un mécanisme anti-coercition. Finalement, des discussions au sein de l’OTAN portant sur un renforcement collectif de la défense de l’Arctique ont permis d’apaiser les tensions. Hormis ce court épisode de tension, la volatilité sur les marchés financiers est restée globalement basse en janvier et février. 


En effet, les données économiques publiées durant le trimestre, ont confirmé une bonne tenue des principales économies mondiales.  Aux Etats-Unis, s’agissant de la thématique IA, on constate des craintes grandissantes sur la soutenabilité et la rentabilité des investissements massifs déjà réalisés et à venir par les géants américains de la tech. Néanmoins, pour l’heure, l’IA reste un soutien de poids pour la croissance américaine. En Europe, la croissance demeure modeste, mais les importants plans de relance — notamment dans les secteurs de l’armement et des infrastructures — nourrissent des espoirs de reprise


Dans ce contexte relativement serein, les marchés actions ont enregistré, au cours des deux premiers mois de l’année des gains modestes et les taux d’intérêt ont légèrement baissé du fait d’une trajectoire rassurante des indices d’inflation.
Après le déclenchement le 28 février du conflit entre l’Iran et la coalition israélo-américaine, les marchés sont passés d'une certaine résilience à une aversion au risque très marquée. L’une des conséquences majeures de ce conflit est la fermeture quasi-complète du détroit d'Ormuz. Cela empêche les pétroliers de naviguer dans ce détroit stratégique qui constituent une artère essentielle pour l'économie mondiale par laquelle transite près de 20 % de l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz. Depuis la fin février, les prix du pétrole ont ainsi bondit de 70 à plus de 100 $ le baril et les prix du gaz ont doublé. Outre une forte augmentation des prix énergétiques, cette crise va avoir des effets en cascade. Le pétrole et le gaz sont essentiels à la production de composés chimiques, utilisés notamment dans la production d’engrais essentiels pour l’agriculture mais également de polyéthylène et polypropylène, plastiques largement utilisés dans l’emballage, l’automobile, le bâtiment ou la santé. Le Moyen-Orient est également un acteur majeur dans la filière de l’aluminium, avec près de 10 % de la production mondiale. Au final, c’est donc l’ensemble de l’économie mondiale qui est affecté par cette situation. La sévérité des conséquences dépendra de la durée du conflit. Un conflit long aurait des conséquences très néfastes à la fois sur l’inflation et sur la croissance. Sur les marchés obligataires, les investisseurs anticipent désormais un durcissement des politiques monétaires par les banques centrales et cela explique les hausses marquées sur les taux d’intérêt en mars. Ce contexte a également affecté les marchés actions avec des reculs marqués. 


Point sur la gestion au cours du premier trimestre :
Au cours de la période, la gestion a été marquée par une réallocation progressive des portefeuilles vers des expositions plus lisibles et alignées avec nos convictions de moyen terme.

Pour les profils Dynamiques, nous avons renforcé l’exposition aux actifs risqués via des initiations sur Airbus, Microsoft et l’ETF Amundi Euro Stoxx 50, et accru notre pondération sur MW Patrimoine ainsi qu’une exposition tactique aux matières premières hors agriculture. En parallèle, nous avons soldé EssilorLuxottica, Christian Dior et Sartorius Stedim Biotech, réduit la poche obligataire via l’ETF Amundi Euro Corporate Bonds, et pris des bénéfices sur TotalEnergies ainsi que sur une partie des matières premières.
Sur les profils Équilibrés, nous avons progressivement renforcé la poche actions avec Airbus, Microsoft, l’ETF Amundi Euro Stoxx 50 et MW Patrimoine, afin d’associer exposition aux marchés actions et diversification. En contrepartie, nous avons allégé TotalEnergies, la poche matières premières, ainsi qu’une partie des expositions monétaires et obligataires. Le profil conserve ainsi un positionnement mesuré, avec une meilleure lisibilité sur les thèmes retenus.
Pour les profils Prudents, la gestion est restée centrée sur la maîtrise du risque. Nous avons renforcé MW Patrimoine et l’ETF Amundi Euro Corporate Bonds pour préserver un socle défensif, tout en introduisant de façon ciblée l’ETF MSCI Switzerland afin de diversifier progressivement le profil. Ces ajustements ont été financés par des allègements sur le ZKB Gold ETF, ainsi que sur Deutsche Börse et Sartorius Stedim Biotech, afin de conserver un profil prudent mais plus flexible.
Sur les enveloppes PEA supérieures à 50 k€, nous avons profité des replis de marché pour initier ou renforcer Airbus et l’ETF Amundi Euro Stoxx 50, ainsi que des dossiers plus spécifiques comme Jensen-Group, Vicat et ID Logistics. En parallèle, nous avons allégé les valeurs du luxe (Hermès, EssilorLuxottica, Christian Dior) dans un contexte de vigilance accrue sur le secteur, et pris des bénéfices sur TotalEnergies et Deutsche Börse après leur forte hausse. Ces arbitrages traduisent une volonté de redéployer le capital vers des points d’entrée jugés plus attractifs.
Sur le PEA-PME, l’approche reste sélective, avec des renforcements sur Wallix, Jensen-Group, Bilendi et Cenergy, tout en prenant des bénéfices sur Exail Technologies. Nous avons également soldé 74Software (Axway Software), dans une logique de prudence sur certains dossiers technologiques et de recentrage sur les convictions les plus lisibles.


Dans l’ensemble, les mouvements réalisés au cours de la période traduisent une gestion active et pragmatique, combinant réactivité tactique et maintien de convictions structurantes. Nous privilégions les actifs offrant à la fois visibilité, qualité opérationnelle et potentiel de revalorisation, tout en continuant d’adapter le niveau de risque selon le profil de gestion concerné.