Les dividendes, intérêts et plus-values mobilières encaissés en 2025 sont soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique. Un seul clic, la case 2OP, permet de basculer vers le barème progressif. Voici les rares situations dans lesquelles cet arbitrage peut s'avérer gagnant.
La déclaration de revenus 2026 est l'occasion de revisiter ses arbitrages fiscaux sur les revenus de placement. Les dividendes et intérêts encaissés en 2025 ont été soumis d'office, au moment de leur encaissement, au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux). Le contribuable doit en pratique simplement vérifier l'exactitude des montants préremplis, transmis par l'imprimé fiscal unique (IFU) de chaque établissement financier. Mais derrière cette apparente simplicité, l'option pour le barème progressif reste possible et mérite, dans certains cas, un examen attentif.
L'option globale du barème : un arbitrage rarement gagnant, sauf cas particuliers
Pour renoncer à l'imposition forfaitaire et opter pour le barème progressif, il suffit de cocher la case 2OP de la déclaration. L'option est globale et irrévocable pour l'année concernée. Elle s'applique à tous les revenus entrant dans le champ du PFU : dividendes, intérêts, mais aussi plus-values de cession de titres. L'arbitrage se joue sur le différentiel entre le taux marginal d'imposition (TMI) du foyer et le taux forfaitaire de 12,8 %, en tenant compte de l'abattement de 40 % sur les dividendes et de la déductibilité partielle de la CSG (6,8 %), deux avantages réservés au barème.
En pratique, l'option est rarement avantageuse. Pour les contribuables dont le TMI ne dépasse pas 11 %, elle peut se révéler favorable, notamment si les revenus de placement sont modestes et les autres revenus du foyer faibles. Au-delà, la balance penche presque systématiquement en faveur du PFU. Quelques cas spécifiques échappent à cette règle. Un dirigeant qui a vendu les titres de son entreprise et bénéficie de l'abattement de 85 % pour le calcul de la plus-value imposable peut tirer parti de l'option. Un contribuable disposant d'un déficit foncier imputable sur le revenu global, ou de réductions d'impôt qu'il perdrait si ses revenus de placement restaient soumis au PFU, peut également y trouver son compte. C'est le cas notamment pour les détenteurs de SCPI fiscales ou de dispositifs de défiscalisation arrivés en fin de cycle.
Plus-values mobilières 2025 : attention à la rétroactivité de la hausse des prélèvements sociaux
Si vous avez vendu en 2025 des actions, obligations ou parts de fonds, vous devez calculer vous-même le montant de votre plus-value imposable en compensant l'ensemble des plus et moins-values réalisées sur l'année. Si le résultat est positif, vous pouvez déduire les pertes subies au cours des dix années antérieures, à condition de les avoir déclarées en leur temps — elles ne sont pas préremplies, et vous devez vous reporter à votre déclaration précédente pour les retrouver.
Une subtilité essentielle distingue 2025 des années passées. À la différence des dividendes et intérêts, déjà amputés du PFU au fil de l'eau, vos plus-values mobilières n'ont pas encore été imposées. L'impôt correspondant sera recouvré en septembre prochain, avec le solde de l'impôt sur le revenu. Et c'est là qu'intervient une nouveauté de taille : la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur certains revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %, portant les prélèvements sociaux globaux de 17,2 % à 18,6 % et le PFU de 30 % à 31,4 %. Cette hausse s'applique de manière rétroactive aux plus-values mobilières réalisées dès 2025. Une cession d'actions effectuée en février 2025 sera donc bien imposée à 31,4 %, et non à 30 % comme on aurait pu le croire.
Cette rétroactivité, juridiquement contestée mais désormais effective, modifie les calculs de rentabilité après impôt et peut peser sur les décisions de cession. Elle ne s'applique pas aux contrats d'assurance vie, ni au PEA pour les gains constatés avant le 1ᵉʳ janvier 2026 — les teneurs de compte gèrent ce découpage stratifié. Pour un épargnant qui hésite à arbitrer son portefeuille, le rappel est utile : tout déplacement entre supports génère désormais une fiscalité plus lourde, et le recours à des enveloppes capitalisantes (assurance vie, PEA) prend mécaniquement plus de valeur. À examiner avec son conseiller dans une logique d'optimisation globale, en particulier pour les portefeuilles importants détenus en compte-titres ordinaire.


