Un retournement de marché spectaculaire en fin d’année 2016

L’année s’achève en fanfare avec l’espoir d'une accélération de la croissance mondiale suscitée par la victoire surprise de Donald Trump aux Etats-Unis.

Le CAC 40 et l’Eurostoxx 50 regagnent 14,7% et 14,9% respectivement sur le deuxième semestre tirés principalement par les rebonds du secteur matières premières (+37%), des banques (+35,7%) et du secteur automobile (+28%) et achèvent 2016 avec une légère progression de 4,9% et 0,7%.


Qu’attendre pour 2017 ?

Tout d’abord, la croissance mondiale devrait accélérer modestement mais pourrait atteindre 3,5% avec de bonnes surprises en provenance de l’Europe, du Japon et de l’économie américaine plus dynamique. Sur les émergents, l’accélération reposerait essentiellement sur la sortie de récession du Brésil et de la Russie.

Nous avons de nombreux facteurs de soutiens macroéconomiques pour bien démarrer 2017 :

Reprise de la production industrielle (G20) après une période de stabilité depuis fin 2014 alors que les ventes au détail restaient à un bon niveau, en raison d’un très fort mouvement de déstockage des entreprises qui est désormais terminé.

Le secteur résidentiel américain pourrait surprendre malgré la hausse des taux avec une belle reprise des permis de construire de maisons individuelles à 800 k contre 1,2 M et plus pour les hauts de cycle. Le niveau des taux sur les prêts hypothécaires restant très favorables par rapport au rendement locatif.

En zone Euro,  les indices PMI sont à leur plus hauts niveaux depuis 2011 et la croissance annualisée attendue proche des 2% au quatrième trimestre 2016. Par ailleurs, l’activité dans le secteur de la construction se redresse progressivement. La consommation reste bien orientée avec des immatriculations autos en fort rebond, des ventes au détail en croissance continue et des créations d’emplois qui progressent de 1,5% par an. Les annonces de la BCE en décembre dernier (prolongation des achats de dette jusqu’en décembre 2017 avec cependant une réduction à partir d’avril 2017) ont pour but de rendre plus aisée la poursuite de l’assouplissement monétaire. Retraités de l’inflation les taux européens restent au plus bas. Ceci permettant à l’euro dollar  de rester proche de la parité et de soutenir la compétitivité européenne.

Pour l’instant, le choc du Brexit ne s’est pas ressenti sur la consommation, malgré la chute de la Livre qui va renchérir le prix des importations. Les indices PMI décrivent une croissance encore solide.

La conjoncture reste bien orientée en Chine (rebond du secteur immobilier, bonne tenue des ventes automobiles grâce au coup de pouce fiscal) et des indices PMI qui montrent que la croissance chinoise reste soutenue. Certains facteurs moins favorables pourraient peser comme les mesures de restrictions de certaines villes sur l’immobilier pour contenir les prix. Les autorités vont continuer à piloter leur croissance tout en surveillant les risques financiers et les sorties de capitaux.

La situation s’améliore progressivement dans les pays émergents avec la baisse de l’inflation qui redonne des marges de manœuvre aux banques centrales et la bonne tenue des matières premières devrait aider.

Le risque politique sera au centre des discussions en Europe cette année avec les élections néerlandaises, françaises puis allemandes et enfin le sort de l’Italie.

Cependant, l’élection de Trump apporte son lot d’incertitudes avec un président sans expérience politique, une équipe l’entourant venant du privé ou de l’armée, et des différences de points de vue avec les républicains au congrès plus tournés sur la rigueur budgétaire et le libre-échange.

Au-delà du risque sur le commerce extérieur, les mesures que D Trump pourrait annoncer : baisse d’impôts et investissements en infrastructures, devraient accompagner une accélération de la croissance. Cependant dans une économie en plein emploi, ou les salaires sont en forte hausse, on pourrait avoir une surchauffe. Le scénario de la Fed a été revu avec 3 hausses de taux en 2017 et autant en 2018 dans un contexte de remontée de l’inflation.

 

En conclusion nous privilégions les actions

Elles sont la classe d’actifs la plus attractive avec rendement, amélioration des marges et valorisations encore raisonnables en Europe mais resteront volatiles après le fort rallye de fin d’année. Le nombre de révisions à la hausse des résultats des entreprises de cette zone dépasse celles en baisse et le rebond des taux d’intérêts devrait aider, pour autant qu’il reste mesuré. Il marque la fin d’un cycle de baisse de 35 ans, et même si les taux ne remonteront pas en ligne droite le mouvement est un mouvement de fonds de très  long terme, devant permettre progressivement une rotation en faveur des actions, au détriment des obligations.